Jeudi 30 novembre 2006
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Lu dans El Pais, la municipalité de Granada (Andalousie) est en train de construire un "botellodrome". Et là vous vous demandez qu'est-ce que c'est?
C'est très différent d'un boulodrome (quoique les boulistes ne sont pas les derniers à boire!): le botellodrome permet aux jeunes de faire le botellon ... légalement!
Le botellon est un phénomène de mode en Espagne depuis quelques années: le soir les jeunes se réunissent pour boire dans la rue, chanter, faire de la musique, jouer ... Plusieurs explications ont été données par les sociologues, dont le coût jugé exorbitant des boîtes et des alcools dans les bars. (pourtant pour avoir vécu en Espagne, les prix n'ont rien à voir avec ceux pratiqués en France ... mais le pouvoir d'achat des jeunes espagnols est très faible)
Evidemment le botellon crée de nombreuses nuisances en particulier pour le voisinage. Du coup les autorités ont du réagir, et les municipalités interdisent cette pratique.
Mais la ville de Granada (pourtant dirigée par la droite) montre sa différence: elle avait déjà permis la tenue d'un macro-botellon (sic!) le printemps dernier (alors qu'il était interdit dans les autres villes dont à Barcelone où il y eut beaucoup d'incidents avec les Mossos dans le Raval) et maintenant elle crée un botellodrome pour que les jeunes puissent se réunir.
Qu'en pensez? Je ne suis pas certain que les jeunes acceptent de se parquer pour aller boire, étant donné que tout l'intérêt du botellon est de boire dans la rue, où l'on veut (mais il ne faut pas réduire le botellon à une grosse beuverie, c'est quelque chose de festif). Néanmoins pour avoir participé à quelques botellons à Granada pendant mes vacances, on ne "botellonne" pas n'importe où. On choisit des quartiers et surtout des places tranquilles où il y a peu de passages (en particulier de la police).
Donc construire un botellodrome pourrait une bonne solution pour concilier les intérêts des jeunes et ceux du voisinage. A ver...
Et si cette expérience marche les autres villes ne tarderont pas à l'adopter, car interdire le botellon ne suffit pas à régler le problème.
Par Fab
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Lundi 27 novembre 2006
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10:02
Il va bientôt falloir créer une nouvelle catégorie dans les festivals de cinéma: les vidéos réalisées par les partis politiques.
Après la vidéo du Partido Popular dénonçant une supposée augmentation de l'insécurité, le Parti Socialiste espagnol se lance aussi dans la compétition, avec un autre thème: ETA. Vidéo de 18 minutes.
L'objectif est le même: attaquer l'adversaire en lui montrant des images compromettantes. Il s'agit là de dénoncer l'attitude ambigüe du PP quand il était au pouvoir au moment de la trêve de l'organisation terroriste basque en 1998. Concessions et autres compromissions.
Les assassinats qui se poursuivaient, la non exigence de la part du gouvernement du condamnation de ses crimes par ETA, des rencontres secrètes ....
Le Parti Socialiste veut selon ses termes mettre le PP face au miroir de 1998, et par ce biais dénoncer son attitude actuelle alors que l'ETA a annoncé un cessez-le-feu. La droite espagnole s'est retirée du processus de paix prétextant le jeu quelque peu personnel et partisan du Parti socialiste.
Le problème est que Zapatero ne peut mener ce processus de négociation à terme sans la coopération du parti de l'opposition. Pas sûr qu'avec cette vidéo il va arriver à ramener le Parti populaire à la raison...
Le concours de vidéos continue....
Par Fab
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Dimanche 26 novembre 2006
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19:52
En voilà un bel exemple de l'influence de la vie politique française sur la vie politique espagnole (mais on pourrait trouver d'autres exemples dans l'autre sens, comme la proposition de Ségolène Royal de faire de la lutte contre les violences conjugales le premier texte législatif de sa présidence en s'inspirant du modèle espagnol).
De quoi s'agit en l'espèce? La droite espagnole s'inspire de la campagne de la droite en 2002 basée en grande partie sur la peur de l'insécurité, en en faisant un de ses thèmes forts d'opposition avec le gouvernement de Zapatero.
Le Parti Populaire (PP) a vu avec quel succès ce thème pouvait permettre de remporter les élections face à une gauche complexée par rapport au sujet.
Et en la matière le PP fait encore plus fort que la droite en 2002 qui avait profité de l'action des médias et de leurs reportages insistants sur la montée de l'insécurité: le PP fournit lui-même les images.
http://www.youtube.com/watch?v=CaKa58nnm7M
C'est un défilé d'images saisissantes démontrant l'explosion de violence que connaîtrait l'Espagne depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir. Et tout y passe: les attaques de maisons, la violence de rue, l'arrivée des immigrés aux Canaries, les okupas ... Tout est mélangé, et on n'a pas peur des amalgames: en filigrame on veut associer immigré et insécurité.
Mais le PP a la gentillesse de ne pas laisser les citoyens espagnols dans une telle angoisse: à la clef la présentation d'un catalogue de mesures où la répression est utilisée dans toute sa rigueur.
Le gouvernement Zapatero nie les chiffres avancés par le parti de Rajoy: d'une part le gouvernement actuel dépense beaucoup plus que le gouvernement précédent en matière de sécurité (0,60 du PIB en 2006 contre 0,49 en 2003 quand la droite était au pouvoir) et les effectifs policiers ont augmenté (+9000 policiers en 3 ans), et d'autre part selon les statistiques officielles de la police les crimes et délits ont diminué et le taux d'élucidation a progressé.
Si bien que l'attaque de l'opposition tombe un peu à l'eau. Mais le plus marrant est que la vidéo est revenue comme un boomerang! En effet de nombreuses images de la vidéo datent en fait de l'époque où Aznar était Premier Ministre, et Rajoy (actuel chef de l'opposition) Ministre de l'Intérieur...
L'arroseur arrosé?
Par Fab
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Publié dans : miopinion
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